Complots et conspirations :
apprends à reconnaître les vrais des faux...

un vidéo-kit pédagogique proposé par PREMIERES LIGNES et France Télévisions en partenariat avec le CLEMI - Ministère de l’Education nationale
Lancement dans toute la France à l’occasion de la semaine de la presse à l’école du 21 au 26 mars

 

Une idée originale de Paul Moreira, produite par Luc Hermann

Paris, le 16 mars 2016 – Les journalistes de l’agence de presse PREMIERES LIGNES et France Télévisions lancent une série de modules vidéo de discussion à projeter en classe, pour combattre les théories du complot et la défiance de certains jeunes à l’égard des médias.

Dès le 21 mars, tous les coordinateurs régionaux du CLEMI (Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information) du Ministère de l’Education nationale vont présenter ces vidéos aux professeurs de tous les collèges, lycées et lycées professionnels de France.

Ce vidéo-kit est utilisable gratuitement par les professeurs et les éducateurs sociaux dans tous les établissements (dès la classe de 4ème), les centres socioculturels

VIDEO TELECHARGEABLE GRATUITEMENT ICI : https://vimeo.com/151519913

 

Le concept

L’idée nouvelle de ce kit, c’est qu’il est proposé par des journalistes d’investigation qui ont parfois pour tâche de dénouer de vrais complots. Car oui, les complots existent. Que ce soit des arrangements par cartels d’entreprises ou des stratégies secrètes pour protéger des intérêts industriels.

Le fait de reconnaître l’existence de vrais complots nous semble être une garantie de crédibilité pour toucher les esprits de jeunes qui voient des conspirations partout.

Notre but est d’aiguiser leur sens critique et de les aider à échapper aux manipulateurs de tous bords.

Contact presse pour des interviews de Paul Moreira et Luc Hermann
blue hélium / Christophe Kerambrun / Yoan Jéronymos / contact@bluehelium.com  / 06 26 54 28 97

 

Pourquoi Premières Lignes ? Le ton du vidéo-kit.

Voici le ton de nos modules à l’attention des jeunes et des moins jeunes qui nourrissent une certaine méfiance à l’égard des grands médias :

« Nous sommes journalistes, nous ne travaillons pas pour Illuminatis hebdo ni CIA-magazine. Nous faisons du journalisme d’investigation depuis 20 ans, nous produisons notamment le magazine Cash Investigation avec Elise Lucet pour France 2.

Nous tentons d’apporter des révélations sur des trucs secrets, habituellement bidouillés à plusieurs, loin des yeux du grand public et pour un profit financier ou politique.

On peut appeler cela des complots, si on veut. Ou des conspirations. Grandes ou petites.

Mais les jeunes et les moins jeunes sont devenus très méfiants envers toute information portée par les gros médias : la télé, la radio, les journaux, les institutions. Dès qu’il arrive un évènement énorme, le 11 septembre, Charlie Hebdo, le 13 janvier, la version officielle est forcément mensongère.

Nous étions les voisins de Charlie Hebdo, leurs bureaux étaient situés sur notre pallier. Notre équipe s’est réfugiée sur le toit et un de nos journalistes a filmé les deux terroristes qui tiraient sur des policiers, après avoir tué 11 personnes.

Très vite sur internet, des sites complotistes ont utilisé nos images tirées de la télé pour mettre en doute la version officielle, et accuser nos journalistes d’avoir été au courant de l’attaque à l’avance parce qu’ils portaient des gilets pare-balles.

Nous nous sommes dit collectivement que c’était un peu de notre faute. Pas beaucoup mais un petit peu. Parce que notre métier, c’est de questionner les versions officielles. De glisser le doute. D’aiguiser l’esprit critique.

L’esprit critique, c’est bien. Mais c’est inquiétant de voir qu’au nom de l’esprit critique, certains jeunes se jettent dans les bras de manipulateurs sur internet. Ou de paranoïaques. Ou de mythos. Ou les trois à la fois.

Que l’on soit bien clair, nous n’allons pas essayer de convaincre que les complots, ça n’existe jamais. Oui, ça existe. Mais il y en a des faux et des vrais. Et si on ne veut pas se faire avoir, il faut savoir distinguer l’un de l’autre.

Pour faire la différence, nous produisons ce vidéo-kit pour en débattre avec les plus sceptiques.

 

Comment ça marche ?

Chaque vidéo comporte plusieurs interruptions pour permettre aux élèves de débattre. Ainsi, à la fin de chaque partie, la voix off pose une question à la classe.

Synopsis complet du premier vidéo-kit :

Le vrai complot des industriel du tabac, et le faux sur l’attentat contre Charlie Hebdo

Dès le début, nous expliquons que les complots, il y en a des vrais. Extraits de la voix off :

« Si tout est mensonge, alors ce que nous allons vous raconter est faux… Non, soyons clairs, ne comptez pas sur nous pour vous dire que les complots, ça n’existent pas. Des complots, il y en a eu et il y en aura encore.

Nous présentons l’un des plus gros complots de l’histoire du 20ème siècle : celui des industriels du tabac. Avec des archives de 1994 d’une commission parlementaire américaine où les sept grands patrons de l’industrie du tabac affirment que la nicotine n’est pas addictive.

Question de la voix off : « Est-ce que ces grands patrons disent la vérité ? »

Réaction des élèves dans la classe

Le professeur ou le médiateur interrompt la vidéo pour laisser les élèves répondre.

Le commentaire reprend le fil du récit, et explique les scientifiques sont formels, la nicotine est bien addictive, et le tabac provoque le cancer. Mais les sept industriels ont tous décidé de mentir, ensemble.

Pour entretenir le doute, ils ont même financé des publicités massives, pour faire croire que le tabac est bon pour la santé (archives de deux spots de pub). Ce complot, est resté secret pendant des décennies, il a coûté des vies humaines.

Question de la voix off pour faire réagir les élèves : « A votre avis, comment sait-on que c’était un complot ? »

Réaction des élèves dans la classe

Reprise du module : « Nous savons que c’était un complot parce que des employés de l’industrie du tabac ont eu le courage de dénoncer le mensonge. Notamment Merell Williams, il travaillait pour un cabinet d’avocats au service d’un géant du tabac. Il a décidé d’envoyer des rapports confidentiels à un docteur, ce cardiologue spécialiste du tabac. Et son courage a fait basculer le sens de l’histoire. La justice a enquêté, les industriels du tabac ont été condamnés à de très lourdes amendes. Des millions de documents confidentiels ont été révélés au grand jour, vous pouvez les lire vous même gratuitement sur internet. »

« Donc les complots, ça existe. Mais sur internet, il y en a aussi des faux. Ce qui compte c’est de faire la différence.

Nous, nous sommes journalistes d’investigation pour la télévision. Notre agence de presse s’appelle Premières Lignes. Nous tournons dans le monde entier, dans des pays en guerre, et nous enquêtons pendant des mois sur les secrets des grandes entreprises, par exemple pour le magazine CASH INVESTIGATION sur France 2 avec Elise Lucet. »

« On s’est aperçu que beaucoup de jeunes et de moins jeunes, ne croyaient plus vraiment ce qu’ils voyaient à la télé, dans les journaux. Dès que c’est officiel, c’est forcément du mensonge. Des sites internet voient la main de services secrets, ou de sociétés secrètes qui dirigeraient le monde. C’est ça que l’on appelle les théories du complot. Comme l’attentat contre Charlie Hebdo, c’était louche. »

Extrait d’une vidéo sur internet : “Beaucoup y voient une manipulation de services secrets occidentaux”

« Nous étions les voisins de Charlie Hebdo, leurs bureaux étaient situés sur notre pallier. Au moment de l’attaque, notre équipe s’est réfugiée sur le toit et un de nos journalistes a filmé les 2 terroristes qui tiraient sur des policiers, après avoir tué 11 personnes dans notre immeuble. »

« Ces images ont été diffusées sur toutes les chaînes. Mais très vite sur internet, des sites complotistes ont utilisé nos images tirées de la télé pour mettre en doute la version officielle. Ecoutez-bien . »

Extrait d’une vidéo sur internet « Pourquoi ces journalistes sur le toit portaient-ils des gilets pare-balles ? Etaient au courant ?

« On nous accuse nous journalistes d’avoir été au courant de l’attaque à l’avance.

Cette histoire de gilets pare-balles, qu’en pensez-vous ? »

Réaction des élèves dans la classe

« Nous les journalistes, sommes soupçonnés de faire partie d’un gigantesque complot.

 Les gilets pare-balles, les voici. Il n’y a aucun mystère, on en a deux, on part sur des zones de guerre, on doit en avoir, ne serait ce que pour des raisons d’assurance. Deux de nos journalistes, habitués aux terrains de guerre, ont porté ces gilets pare-balles pour organiser l’évacuation de l’équipe. »

« Pour comprendre pourquoi nos deux journalistes portaient ces gilets, qu’auraient du faire les théoriciens du complot ? »

Réaction des élèves dans la classe

« Ils auraient du faire une chose toute simple : prendre leur téléphone et nous appeler à Premières Lignes. On leur aurait expliqué, en toute transparence. »

« Il faut se méfier de notre envie d’interpréter. C’est la différence entre la réalité et le mensonge. Une réalité objective, c’est un fait qui existe, et que vous êtes obligé d’admettre quelque soit votre opinion. »