Bavures, moi policier j’ai tué un homme

Un film de mustapha Kessous et Luc Golfin
Jeudi 22 novembre à 22h40 sur France 3

Enfin, ils parlent. D’anciens policiers racontent leur histoire de bavure. Depuis près de cinquante ans, ce mot noircit les unes des journaux et la réputation des forces de l’ordre, il claque à la figure des policiers comme l’injure suprême. Pour eux, ce mot n’existe pas dans leur profession, il n’est jamais prononcé. On préférera parler de « violence légitime » et de « violence illégitime ». Mais justement, la police a une part d’ombre : sa violence. Un tabou qu’elle refusait d’aborder. Dans, « Bavures, moi policier j’ai tué un homme », trois anciens policiers ont accepté de raconter leur affaire sans filtre. Déni, pardon et légitime défense, ces trois témoignages inédits permettent de mettre des visages sur des drames. Ils permettent, aussi, de retracer de manière factuelle des cas emblématiques de violences policières ou perçues comme telles, de les éclairer à travers ces témoignages de ceux qui en sont les auteurs et qui, d’ordinaire, ne s’expriment jamais. Tendre un miroir à l’institution policière et la classe politique pour les confronter à leurs responsabilités dans le malaise qu’elles créent au sein de la société et qu’elles entretiennent par une culture du tabou et de l’opacité.

Après chaque témoignage, deux anciens ministres de l’intérieur, trois avocats et une magistrate viennent répondre aux questions qui se posent dans chaque affaire de violences policières : la justice est-elle indulgente avec les forces de l’ordre ? La police est-elle raciste ? Qui signifie vraiment le mot bavure ?…

Le film veut réintroduire dans l’histoire ces grands absents : les policiers. Ils sont toujours exclus du récit, bien qu’ils soient – aux côtés des victimes – les premiers protagonistes de ces événements. Leur parole est inexistante ou alors confisquée par leur hiérarchie qui les représente ou par la classe politique. Le documentaire donne une voix pour faire entendre leur point de vue. Probablement pour la première fois, car rares sont ceux (journalistes, médias, historiens, chercheurs…) qui les ont rencontrés et écoutés.

Il n’est pas question de rédemption, ce documentaire n’a qu’une seule ambition : celle de plonger dans le tabou absolu de la police française. A chacun ensuite de se faire sa propre opinion, de mûrir son raisonnement à l’aune de ces affaires.