Boko Haram : les origines du Mal
sélectionné en compétition officielle au PRIX EUROPA Berlin 2016

Un documentaire de Xavier Muntz
Mardi 28 juin 2016 dans Arte Thema à 22h55

Une enquête exclusive et glaçante sur les origines du groupe terroriste islamiste et sa sanglante dérive, nourrie par les exactions de l’armée.

Le 14 avril 2014, près de 250 lycéennes étaient kidnappées par le groupe Boko Haram à Chibok, dans le nord-est du Nigéria. Cette action spectaculaire signait l’acte de naissance médiatique international d’une secte islamiste implantée depuis plus de dix ans dans la région. Peu après, son leader, Aboubakar Shekau, proclamait son ralliement au drapeau noir de l’organisation État islamique. Auteur d’un documentaire très remarqué sur la lutte des Peshmergas kurdes contre Daech, le reporter de guerre et réalisateur Xavier Muntz a enquêté dans la région meurtrie qui a vu naître le groupe, en 2002, pour comprendre les raisons de son ultraviolence. Des centaines d’enlèvements, des dizaines de milliers d’assassinats, des dizaines d’attentats-suicide, des centaines de villages rasés non seulement dans le nord-est du Nigéria, mais aussi, désormais, au Cameroun, au Tchad, au Niger… : une sauvagerie que le géant nigérian, pourtant désormais soutenu par ses voisins, peine toujours à endiguer.

Radiographie d’un conflit
En croisant les témoignages de civils rescapés des attaques, de responsables communautaires, d’observateurs locaux et internationaux, ce film décrypte la vertigineuse ascension de ce qui n’était au départ qu’une secte islamiste soutenue par de nombreux musulmans de la région, sous l’égide d’un leader charismatique, Mohamed Yusuf. D’abord défendu à des fins électoralistes par le pouvoir régional, puis harcelé par les autorités, celui-ci sera sommairement exécuté par l’armée lors d’une féroce opération militaire de répression, en 2009, qui loin de vaincre Boko Haram, signe son entrée dans une guerre sans merci. Cette passionnante radiographie d’un conflit aussi médiatisé que méconnu met en évidence, outre les exactions de Boko Haram, la responsabilité écrasante de l’armée nigériane, dans un conflit sanguinaire qui a causé quelques 32 000 morts chez les civils.