Cash investigation répond aux accusations inexactes et mensongères de l’avocat d’une famille à propos de l’enquête sur le périscolaire
Mercredi 15 avril 2026
Cet avocat vient de déposer une plainte visant Elise Lucet, les journalistes auteurs de cette enquête, les rédactrices en chef et les producteurs de Cash Investigation, pour non-dénonciation de mauvais traitements, de violences, de privations et d’agression sexuelle sur mineurs de moins de 15 ans. Nous jugeons cette plainte extrêmement inquiétante, en ce qu’elle vise une équipe de journalistes qui a mené un rigoureux travail d’investigation sur un sujet d’intérêt général, révélant au grand public des faits graves et systémiques.
Le 29 janvier dernier, Cash Investigation a diffusé sur France 2 une enquête sur les défaillances du périscolaire en France. Dans le cadre de cette investigation au long cours, une de nos journalistes s’est faite recruter début mai 2025, comme animatrice dans une école parisienne, Saint-Dominique, sur une période de 7 jours à temps partiel. Elle a filmé avec une caméra cachée des cris, un baiser sur la bouche donné par une animatrice à un enfant, dans la cour et en présence d’autres animateurs. Ces scènes ont été diffusées dans le documentaire.
Dès le 7 mai 2025, soit au moment où notre journaliste tourne, les services de la mairie de Paris ont déjà pris la décision de suspendre un animateur de cette école pour suspicion de faits à caractère sexuel. Notre journaliste n’a évidemment jamais assisté aux faits qui sont reprochés à l’animateur. Elle n’en avait pas connaissance et apprend au moment du tournage que les services de la mairie ont suspendu cet animateur. Il est donc absolument faux de parler comme le fait l’avocat, de “dissimulation jusqu’à la diffusion”, puisque les autorités en charge étaient déjà informées en mai 2025 de suspicions d’agression sexuelle, auxquels ils avaient réagi par cette décision de suspension.
Ensuite, dans sa citation, l’avocat parle de “privation”. Nous n’avons jamais filmé de scène de privation au sens pénal du terme, nous avons filmé une animatrice qui menaçait des enfants de privation de goûter, scène également diffusée dans le documentaire. L’avocat dénature les faits pour servir sa stratégie de défense, en passant délibérément sous silence ces éléments, très clairement évoqués dans ce numéro de Cash Investigation.
Par ailleurs, dès septembre 2025, des parents d’élèves de l’école Saint-Dominique avaient alerté les services de la ville sur des comportement problématiques d’animateurs, notamment des cris. Ces alertes ont donné lieu à des réunions à l’automne 2025, entre certains parents et les services de la mairie qui étaient donc déjà au courant de bons nombres de comportements problématiques dans cette école, bien avant la diffusion de notre enquête.
Si nous avons enquêté sur le périscolaire en France, c’est parce que cette thématique n’avait pas été traitée avec une approche systémique jusqu’ici et ce, pendant un an. Étant donné la complexité des faits abordés, il était plus que jamais indispensable de réaliser un travail d’enquête particulièrement rigoureux. A cette fin, il nous a fallu recueillir des informations fiables, précises et vérifiées, qui reposaient à la fois sur des témoignages et des documents qui permettaient de recouper lesdites informations, seuls éléments aptes à garantir le sérieux de notre travail qui ne peut jamais laisser de place à l’approximation.
Au cours de notre enquête, nous avons sollicité la mairie de Paris pour faire réagir ses représentants aux informations que nous avions sur le périscolaire parisien. Patrick Bloche, premier adjoint de la mairie de Paris en charge du périscolaire depuis 2017, a fini par accepter de répondre à nos questions, après de longs mois de relance de notre part. Nous lui avons exposé les situations que nous avions constatées, et qui sont toutes évoquées dans notre émission, de manière à attirer l’attention de la mairie, qu’elle se saisisse du problème et qu’elle mette en place les dispositions qui lui semblent nécessaires. La diffusion de notre émission a d’ailleurs eu pour conséquence de faire réagir les autorités et la mairie de Paris. Les annonces d’Emmanuel Grégoire, médiatisées depuis, montrent que le sujet est enfin considéré comme une priorité.
Notre mission journalistique est d’informer sur des situations problématiques, d’alerter sur des dérives ou sur les défaillances systémiques, en recueillant notamment la parole des victimes, des témoins et des institutions mises en cause. Mais, nous ne devons en aucun cas, nous substituer au travail de la police et de la justice. En cela, nous avons rempli notre mission en portant à la connaissance du public et des acteurs du secteur ce sujet d’intérêt général. Les réactions concrètes qui ont résulté de la diffusion, nous laissent penser que France Télévisions a plus que jamais joué son rôle de service public en alertant et en ayant un impact sur le périscolaire, sujet trop longtemps délaissé par les institutions en charge.
