Ces entreprises qui vendent leurs systèmes de sécurité aux pires dictatures de la planète

Un document de Jean-Pierre Canet et Jean-Baptiste Renaud pour CASH INVESTIGATION en exclusivité sur Francetvinfo.fr

 

à partir du 21 septembre 2015 en exclusivité sur Francetvinfo 

Lors du tournage du documentaire de « Cash Investigation » consacré au marché de la sécurité, nous avons arpenté les allées du salon Milipol Paris, lors de sa dernière édition, en novembre 2013. Nous avons croisé des entreprises françaises qui font affaire avec des dictatures, mais aussi Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur.

Le Milipol, organisé sous l’égide du ministère de l’Intérieur français, est aux policiers et gendarmes du monde entier ce que le Salon de l’agriculture est aux agriculteurs : un événement incontournable, mais bien moins salissant, du moins en apparence…

Car ce salon réservé aux professionnels de la sécurité, qui se tient les années impaires à Paris et les années paires à Doha, au Qatar (la prochaine édition du Milipol Paris aura lieu du 17 au 20 novembre 2015), est un sympathique marché où l’on croise de nombreux représentants de régimes autoritaires à la recherche de solutions sécuritaires dernier cri permettant, le cas échéant, de surveiller et réprimer leur population. Logiciels d’espionnage, armes en tout genre, vidéosurveillance, matériel de protection pour forces de l’ordre…

A l’époque du salon Milipol de 2013, la répression menée à Bahreïn depuis 2011 a déjà causé la mort d’une centaine de personnes, selon le décompte tenu par les ONG locales. Officiellement donc, le Bahreïn ne peut en aucun cas être un client potentiel pour les vendeurs de matériel de « maintien de l’ordre » présents au Milipol : car quand bien même le royaume voudrait acheter des grenades lacrymogènes ou du matériel anti-émeute pour sa police, la France s’est engagée trois ans auparavant à ne pas donner suite. Or vous allez voir comment Manuel Valls rétablit le « contact commercial » avec le ministre de l’Intérieur bahreïni. Tout est filmé. Un moment rare.